Google relance son programme “Street view” en France
Google relance son programme “Street view” en France
C’est “prématuré” au goût de la CNIL qui enquête sur la façon dont travaille Google, mais le quadrillage photo de l’Hexagone a repris.

Une voiture équipée d’une caméra utilisée pour les prises de vue de Google Street View, au salon informatique de Hannovre le 3 mars 2010
Photo : Daniel Mihailescu/AFP
Vigilance si vous faites les malins sur les trottoirs : ce vendredi 20 août, Google a relâché ses véhicules “espions” dans les rues et sur les routes françaises.
Dans les prochaines semaines, des automobiles du géant de l’Internet vont sillonner 22 départements, notamment la Loire, la Moselle et Paris, afin de réaliser des prises de vue à 360 degrés pour enrichir ou mettre à jour le service de cartographie “Google Maps” et plus particulièrement le système de circulation virtuelle, “Street View”.
En mai dernier, Google avait interrompu ce travail de collecte de photos après avoir constaté et avoué que ses voitures avaient intercepté des données privées “par erreur”.
Au gré de leurs pérégrinations, les voitures équipées de détecteurs de routeurs wi-fi recensaient les points d’accès Internet public, mais ce faisant, elles enregistraient des données qui transitaient sur des réseaux privés non protégés par mot de passe.
Annonçant la reprise du quadrillage photographique du territoire français (après l’Irlande, l’Afrique du Sud, la Norvège et la Suède en juillet), un porte-parole de Google a assuré que les équipements wifi avaient été retirés de ses voitures de telle sorte que le problème serait résolu.
Cela ne semble pas suffisant pour la Commission nationale de l’informatique et des libertés (CNIL) qui estime que cette reprise est prématurée.
Ce vendredi, l’organisme a rappelé qu’il avait “mis en demeure Google de cesser toute collecte de données à l’insu des personnes concernées, de veiller à ne plus collecter de telles données de façon illicite ou déloyale” et de lui préciser “les modalités de recueil de ces données dans le cadre de Street View”.
Interrogé par l’AFP, le porte-parole de Google a déclaré que l’entreprise collaborait activement à l’enquête de la CNIL et il a assuré que les données collectées qui ont fait naître la polémique ne constituaient “que des fragments” et ne représentaient que le contenu d’un unique disque dur pour l’Europe entière.
Suite à la révélation par Google de son atteinte “involontaire” à des données privées, des enquêtes ont été ouvertes dans une dizaine de pays, notamment en Corée du Sud où les locaux du groupe ont été perquisitionnés le 10 août dernier.
En Allemagne aussi, où l’on ne badine pas avec la protection de la vie privée, aussi pratique que puisse être le service de déplacement virtuel “Street View”, Google a été très critiqué et quelque 200.000 demandes de floutage de visages, de maisons ou de plaques minéralogiques ont été déposées.
En France, aucune procédure “officielle” n’existe à ce jour, cependant un lien est prévu sous la fenêtre “Street View” pour adresser ses demandes à Google.









